J’ai entendu toute ma vie que j’étais juste une
paresseuse… Quand on est ado, on lève les yeux au ciel et on trouve que cette
personne ne comprend juste rien à rien.
Mais quand on se met à travailler et à avoir besoin de
t’occuper des autres, ces phrases qu’on a entendu toute son enfance nous
affectent.
Je travaille 40 à 50 heures par semaine. Selon l’époque. J’ai 3 enfants et je passais 6 à 8 heures par
semaine dans ma voiture. Cuisine, lavage et UN PEU de ménage. Rapidement, il ne
reste plus grand temps pour autre chose à moins de rogner sur le reste précédemment
nommé.
Je n’étais pas à plaindre. Mais Dieu que j’étais essoufflée
! Ma tête jonglait constamment avec le temps. Un difficile cirque où mes enfants
ne devaient manquer de rien, mon
travail (que j’adore) qui est de plus en plus exigent, devait garder une place honorable.
Je considérais que mon petit coin de paradis adossé à
un champ de maïs était le plus grand privilège que la terre ne puisse m’offrir.
Et pour le garder, je devais accepter de m’écrouler le vendredi soir sur le
divan et me lever nauséeuse le samedi matin face à la journée devant moi. Et
ce, de la première semaine à la dernière de l’année scolaire. C’était la vie !
Et comme j’étais paresseuse, ça serait toujours difficile.
Puis je suis déménagée. J’ai sacrifié mon petit coin
de paradis adossé à un champ de maïs. L’endroit où j’entendais les oiseaux, n’entendais
rien la nuit, l’endroit où je pouvais laisser trainer les vélos dans la cour,
où les enfants partaient jouer chez les voisins où…
Aujourd’hui, c’est samedi matin. Je me suis écroulée
vendredi soir comme tous les autres vendredis soirs. Mais ce matin ? Ce matin
je ne suis pas nauséeuse. Ce matin n’est
pas une montagne à gravir. Ce matin est une promesse de 100 choses à faire et
je ne panique pas. Je ne reste pas paralysée à l’idée de devoir me mettre au
travail. Je suis sereine… Ce matin, malgré la liste qui s’allonge, j’ai espoir
que je vais rire, que je vais avoir du temps pour courir et que je vais pouvoir
prendre l’appéro sur le bord de la piscine avec mon amoureux.
Et c’est là que je me rends compte que je croyais ma
vie normale. Que j’allais me sentir nauséeuse tous les samedis matins de ma
vie. Et je croyais que c’était NORMAL ! Ce matin je sais que j’ai fait le bon
choix et que plus jamais je devrai me sentir comme avant…
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